Manifeste pour un plan numérique québécois

Scène 1, prise 2

Par son manifeste pour un plan numérique québécois, Communautique cherche à réanimer une initiative lancée en 2008.

Je salue cette initiative, sauf que…

Comme je l’avais souligné dans mon billet à ce moment sur Vivement la « révolution tranquille » numérique au Québec, la lenteur dans l’adoption du commerce électronique au Québec ainsi que l’absence de volonté de nos gouvernements à se doter d’une véritable vision numérique ont un point en commun:  l’analphabétisme Internet/Web profond de nos dirigeants.

Malgré le terme que j’utilise régulièrement, il n’y a rien de condescendant dans son usage.  Il s’agit simplement d’illustrer clairement une situation qui perdure et qui menace notre richesse collective.

Éduquer pour faire évoluer

Comme le succès de toute entreprise est fonction de sa combinaison, et dans l’ordre, gens-processus-technologie, le principal défi réside dans l’éducation de nos leaders et moins dans la promotion des technologies.  L’émergence d’une culture numérique doit d’abord passer par une éducation numérique; dans nos écoles et auprès des leaders en poste.

Les leaders actuels et à venir doivent réaliser que l’Internet n’est pas un média, un simple canal de diffusion ou un outil, mais un puissant environnement de communication entre humains et systèmes qui influence directement notre qualité de vie au quotidien.

À l’intérieur de modestes moyens, certains tentent de contribuer à cette éducation, mais il faut davantage d’efforts concertés pour générer ce point de bascule.  Le « hic » est que le militantisme et « l’évangélisation » ont un coût.  Nous n’avons pas vraiment de budget pour créer et pour nourrir le momentum nécessaire à l’échelle nationale.

Pour celles et ceux qui seront présents, nous aurons sûrement l’occasion d’en discuter à Clair 2011. C’est un rendez-vous que j’ai hâte de vivre avec ma fille.

😉

L’importance d’un équilibre dans l’industrie numérique

L’autre défi est de développer un véritable contrepoids au lobby exercé par les sociétés conseils en informatique qui ont intérêt à maintenir nos dirigeants dans cet état d’ignorance.  Nos réseaux sont trop asymétriques pour établir cette crédibilité essentielle.  La division permet à d’autres de mieux régner.

Pour y parvenir, il nous faut une organisation solide et crédible.  Comme le Web est la toile qui rassemble et, paradoxalement, qui nourrit plein de solitudes, comment les organiser pour parler d’une même voix et partager une même vision?  Par la création d’un nouveau parti politique intégrant un véritable plan numérique?  Par l’éducation des membres des partis existants?

Au-delà du discours…

Ce n’est pas ce qu’on dit qui importe, mais ce qu’on fait.  Je lance donc cette idée:  l’organisation d’un Focus20 – spécial Plan numérique à Drummondville (central) avec le maximum de leaders (Internet, affaires, gouvernements).  Je propose que l’objectif de cette rencontre soit d’établir un plan d’actions pour éduquer et doter notre société d’une vision numérique.

Ça pourrait se dérouler dans le cadre d’une journée intensive avec quatre formules d’animation:

  • WebCamp pour mettre la table
  • Panel de professionnels et de leaders ayant des visions différentes pour maximiser la synergie
  • Forums ouverts pour explorer les différentes composantes du plan numérique et de la stratégie d’implantation
  • Wiki pour colliger les interventions « live » sur place et ceux qui ne pourront être présents

Je partage une inquiétude: qu’un tel exercice ne se transforme en tribune d’auto-promotion des champs d’expertises ou des carrières de chacun.  Il faudra que chaque participant contribue à l’authenticité et à la modération des échanges pour assurer le succès de l’opération.

Qu’en pensez-vous?  Je ne l’organiserai sûrement pas seul.   Avez-vous le goût de vous impliquer?  Avez-vous une meilleure idée pour créer le contexte et pour stimuler les actions nécessaires à l’implantation d’un plan numérique au Québec?

Commentaires

[…] Gendron propose l’organisation d’un Focus20 – Spécial plan numérique (similaire, au Yulbiz, les rencontres Focus20 réunissent les passionnés du web des régions du […]


[…] Prenons, l’exemple de Luc Gendron. Il prend le temps d’inviter un dirigeant de PME à tous ses événements de réseautage web Focus 20. Il fait l’effort de mêler les deux solitudes. C’est tout à son honneur. C’est ça de l’action concrète. D’ailleurs, il est revenu sur cet aspect dans un billet sur son blogue. […]


Avez-vous entendu parler de l’initiative des militants du Parti Québécoise, le PQ numérique?
http://pqnumerique.org/

Cela semble répondre en parti à ces revendications, ne trouvez-vous pas?


@Miguel Merci de partager cette initiative que je ne connaissais pas et que je salue au passage.

Je serais curieux que vous nous partagiez comment cette initiative a été accueillie par les représentants élus actuellement?

L’émergence d’une véritable culture numérique dépasse le cadre de la migration et de l’accès aux données. Dans ce domaine au niveau public, il faudrait aussi considérer la gestion de l’intégrité des personnes qui y ont accès.

Un plan numérique devrait tenir compte des intérêts collectifs et individuels dans un contexte où les frontières géographiques du Québec ne tiennent plus dans l’Internet. Ce plan devrait considérer, entre autres, les motivations dernière votre initiative de concert avec une profonde éducation des leaders.

Pour développer une véritable culture numérique, il ne faut pas considérer la dimension technologique au départ. Il faut se concentrer sur les limites humaines à comprendre les bases, les dynamiques, les enjeux, les opportunités et les risques de cette toile numérique qui influence notre qualité de vie au quotidien.


@Luc

La démarche du PQ numérique se fait dans le cadre de la rédaction du programme du Parti Québécois. C’est une démarche partisane. Tu comprendras que, dans ce contexte, nous ne sommes pas aller voir ce que le parti au pouvoir en pensait.

Dans la mesure où cette proposition est intégrée dans le programme et que nous sommes en mesure d’en faire une priorité d’un futur gouvernement provincial dirigé par le Parti Québécois, il sera possible de faire avancer les points qui y sont identifiés.

Quand à l’intégrité des personnes qui y ont accès, ce problème demeure présent, quelque soit le format à l’interne. Nous avons d’ailleurs pris soin d’aborder ce point en spécifiant dans notre libellé que « […] et avec les restrictions qui s’appliquent comme la protection des renseignements ».

Pour ce qui est de l’émergence d’une culture numérique telle que vous le proposez, nous y sommes sensibles, mais il faut comprendre que l’implantation de telles mesures doivent servir à créer des lois et des programmes. Ceci, selon nous, doit se faire à partir de propositions tangibles et réalisables à court terme. « Faire l’éducation profonde des dirigeants » est certes vertueux, mais tu conviendras que c’est difficile à faire concrètement.

Dans notre proposition, et c’est là je crois que nous nous rejoignons, nous avons pris des principes de bases comme le respect de la propriété de l’État et le souci d’une gestion efficace, et nous l’avons appliqué à l’ère numérique. Nous en avons ensuite émis une suite de recommandations qui semblent peut-être être comme technologiques, mais soit certain que nous n’avons pas abordé ce problème par ce bout de la lorgnette.


[…] Blanc / Luc Gendron / Nicolas Roberge / Yves Williams / Adrien O’Leary / Groupe Vectis / Circa CFD /Yulbiz / Le […]


@Miguel Merci pour tes précisions.

Je comprends très bien que vous n’avez pas d’intérêt à consulter le parti au pouvoir. Ma question était strictement dirigée vers les députés du Parti Québécois élus.

Comme j’ai déjà rencontré celui de mon comté, au-delà d’exploiter les « buzzwords » ou les environnements « in » pour les communications du parti, je suis plutôt inquiet de leur réelle curiosité à accueillir votre vision. Je doute également de leur capacité à saisir l’importance stratégique de doter le Québec d’un tel plan numérique couvrant un spectre plus large que la gestion des bases de données d’intérêt public.

Quant à l’éducation de nos dirigeants, malgré le défi, c’est un passage obligé. La plus petite action vaut certes mieux que la plus grande intention. Avec d’autres passionnés, nous le faisons notre rythme et selon nos moyens en espérant en inspirer d’autres. La prochaine étape serait de synergiser les efforts pour créer les conditions d’un point de bascule.

Dans cet esprit, l’invitation lancée en partageant l’idée d’organiser un Focus 20 – spécial Plan numérique n’a pas soulevé d’enthousiasme pour le moment. Est-ce qu’il y a une petite gêne à vouloir débattre de ce sujet sans partisanerie politique ou auto-promotion?

Pour revenir à mon concept d’analphabétisme Web, un ami m’a invité à préciser ma pensée. Voici que je lui ai partagé.

Un analphabète sait se débrouiller dans la vie, mais peut ni détecter ni considérer les opportunités qu’il n’est pas capable de « lire ».

L’incapacité de « lecture » Web/Internet est davantage liée à l’ignorance des bases et des dynamiques dans cet environnement de communication (systèmes et humains) qu’aux outils disponibles.

Une personne alphabétisée dans la « langue » Internet/Web sait justement « lire » et comprendre cet environnement pour profiter des opportunités et pour réduire les risques.

Un dirigeant alphabétisé sait le faire à l’échelle organisationnelle ou sociétale selon le poste qu’il occupe.

Une fois l’alphabet, l’orthographe, la sémantique et la syntaxe maîtrisés, on peut espérer pouvoir écrire des rapports, des romans, des chansons, des poèmes inspirants…ainsi qu’un plan, des stratégies, des programmes et des lois pour le supporter.

Au plaisir de t’accueillir et d’échanger « live » à un éventuel Focus 20; spécial ou non!

😉


[…] Prenons, l’exemple de Luc Gendron. Il prend le temps d’inviter un dirigeant de PME à tous ses événements de réseautage web Focus 20. Il fait l’effort de mêler les deux solitudes. C’est tout à son honneur. C’est ça de l’action concrète. D’ailleurs, il est revenu sur cet aspect dans un billet sur son blogue. […]


[…] Manifeste pour un plan numérique québécois… sauf que » – octobre […]

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