Quirky: trou noir ou opportunité à saisir?

Suite à ce reportage (12e minute) d’Infoman, un inventeur a proposé son invention développée par un centre collégial de transfert de technologie (CCTT) à Quirky.  Dans ce second reportage (5:58), l’inventeur mentionne qu’il a proposé son produit à Quirky après des tentatives infructueuses ici.

Quirky pourrait bien simplifier ce qui l’étouffe ici.

Invent – Influence – Shop

Quirky c’est 417 produits développés, une communauté de plus de 1 million d’inventeurs, un rythme de 3 nouveaux produits par semaine, 181 employés, un partenariat avec GE (et bien d’autres) et des ententes avec des distributeurs numériques et conventionnels répartis mondialement.

Quirky est la troisième entreprise d’un entrepreneur qui a développé sa première avant de terminer son “high school”.  Il a une passion viscérale à propulser une idée jusqu’aux marchés.  

  • Avoir des idées, tout le monde peut en avoir.

  • En avoir une bonne que les gens sont près à payer, c’est une autre chose.

  • Développer les 4P (Produit, Prix, Promotion et “Placement”) gagnants en marketing dans notre monde hyperconnecté est toute une aventure.

  • Finalement, le sommet de l’Everest est de vendre : directement et/ou de signer des ententes avec des réseaux de distribution numérique ou conventionnel.

Quirky c’est tout ça en mode 2.0 en combinaison avec le potentiel des imprimantes 3D ou, si vous préférez, de la fabrication additive.   C’est bien davantage que le crowdsourcing d’innovations ou l’innovation ouverte.  C’est la gestion du cycle complet de l’inventeur aux consommateurs.  Pour comprendre comment ça fonctionne, c’est ici.

Quirky a déjà les deux pieds dans le marché des “smart products” avec Wink. Jetez un coup-d’oeil à la section “Partnership” pour réaliser une partie de son réseau d’influence.

Pour une personne avec un talent pour convertir des besoin ou des problèmes en idées de produits, mais qui ne veut pas se casser la tête du prototypage à la commercialisation:  Quirky est le nirvana!

Pourquoi trou noir?

Les idéagoras ne sont pas nouveaux et d’autres initiatives en innovation ouverte émergeront.  Depuis des années, plusieurs environnements numériques exposent des problèmes à la recherche de solutions.  Il s’agissait surtout de problèmes pour grandes entreprises.  Quirky semble être le premier à réussir avec autant de panache dans le domaine des produits de consommation.

Nos gouvernements financent depuis des années des développeurs de nouveaux produits et rendent à leur disposition tout un écosystème de services et de professionnels pour les accompagner.  Pourquoi?  Pour convertir leurs idées en entreprises pouvant générer des emplois, de la richesse et de la valeur.

Notre inventeur du départ a profité du support d’un CCTT et peut-être d’autres ressources (crédit d’impôt R&D, RCTi, CNRC, …).   Pour lui, je lui souhaite tout le succès auquel il aspire.  Pour nous, hum … ça me fait penser aux médecins pour qui nous finançons collectivement la formation et qui s’expatrient ailleurs.

Dans quelle mesure ces environnements constitueront un trou noir de talents et attireront les meilleures idées développées en partie par nos investissements collectifs?

Si le modèle de Quirky peut enrichir les inventeurs et sachant que la propriété intellectuelle doit être cédée dans le processus, comment cela peut-il nous enrichir collectivement?

Opportunité à saisir!

Chaque risque renferme son lot d’opportunités. Que pensez-vous de développer un écosystème similaire au Canada avec nos leaders en distribution ET nos PME manufacturières?  Pourquoi ne pas se démarquer et le faire en français SVP? 😉

Le succès d’une telle entreprise ne réside pas dans la plateforme, mais dans un écosystème dynamique comprenant:

  • la sélection, la formation et l’animation des leaders curieux;

  • des processus conformes, intègres, fluides et mesurés constamment;

  • des systèmes agiles, interopérables et intelligents

Pour que le « build it and they will come » fonctionne, il faut que ça soit dramatiquement simple, que l’appropriation soit intuitive et que ça soit « fun » à utiliser.  Les bénéfices doivent être tangibles, épatants et quasi immédiats. Sinon, ça sera un autre éléphant blanc qui ne profitera qu’à l’entreprise qui développera la plateforme et aux politiciens qui la supporteront. 

Ce projets pourraient fédérer et développer des alliances stratégiques entre les startups en technologie et les PME manufacturières.  Intéressé(e) par une telle aventure?

Commentaires

Ce serait une belle initiative !!
Et merci Luc pour cet article inspirant :)

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