Archives avril 2018

Rôle des grands-parents curieux en éducation

Depuis la naissance des mes petites-filles et surtout à l’aube de leur entrée dans le “système scolaire”, une question m’habite:

Si et comment les grands-parents curieux peuvent être des vecteurs et des acteurs d’innovations pédagogiques et numériques dans leur région?
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Pourquoi cette question?  

Je suis inquiet.

  • de la lenteur avec laquelle le système d’éducation s’adapte aux réalités et aux défis du 21e siècle;
  • d’un système qui privilégie la docilité plutôt que la créativité;
  • d’une pédagogie mésadaptée pour les curieux débordant d’énergie et disposant d’intelligences différentes;
  • du manque d’espaces-temps aux enseignants pour exploiter leur curiosité et rester des apprenants inspirants en continue pour nos enfants;
  • de la peur, l’analphabétisme, l’illitératie et l’amétropie numérique chez la majorité des parents, des directions, des enseignants et de leurs maîtres à l’université;
  • du virage numérique que doit prendre la direction de ma commission scolaire sans repères.

Jusqu’à présent, cette question m’a permis de découvrir d’autres curieux(ses) passionnés(es) avec qui j’ai de plus en plus de plaisir à collaborer en tant que papy 4.0 😉

Elle a aussi motivé ma 4e participation à Clair en janvier dernier. Au fur et à mesure que je la partageais dans les corridors, de plus en plus de gens ont converti leur étonnement par : hum … pourquoi pas?

Pourquoi les grands-parents?

Parce que nous avons une perspective unique sur l’éducation.  Nos enfants ont généralement complété leurs parcours “traditionnels”.  Nous avons un regard plus critique sur nos bons et moins bons coups comme éducateurs.

Parce que nous avons exploré et plusieurs sont restés curieux.  Peu importe l’âge, les curieux ont l’esprit, le coeur et les sens ouverts pour intercepter des opportunités et découvrir de nouvelles choses sur eux, sur les autres et sur le monde qui nous entourent.

Parce que pour un grand-parent, ce n’est pas grave si un jeune se fracture un bras parce que la branche a cassé en voulant observer celle qui chavire son coeur lorsqu’il a 12 ans (cas vécu…).  Ce n’est pas grave si un jeune brise un outil ou s’il a endommagé la carrosserie de l’automobile sans se blesser. Ce n’est pas grave si il rate régulièrement le panier au basketball ou le but au hockey.  Ce n’est pas grave si la recette n’est pas aussi délicieuse qu’espérée.

Parce qu’un grand-parent a souvent un garage, une cuisine, un VTT, une auto ou un terrain qui permet d’expérimenter en toute confiance sans se sentir coupable si ça ne fonctionne pas comme voulu.  Il a un FabLab accessible pour prototyper et où il n’y a pas d’erreurs; que des opportunités. La confiance et les habiletés viennent en pratiquant; non en théorie.  

Pour la réussite éducative de nos petits amours

Parce que la réussite éducative a une autre signification pour nous.  Pendant que le ministère cherche à implanter une Politique vers la réussite éducative, je pose la question suivante à mes amis grand-parents et parents que je rencontre:

Lorsque vos enfants ont atteint la trentaine ou imaginez les à ce moment si vous êtes parents, quels sont vos indicateurs pour déterminer qu’ils ont ou auront réussi leur éducation?

Les diplômes?  Les notes? Les reconnaissances reçues?  Les phD sont-ils plus heureux et gagnent-ils plus que les électriciens?

N’est-ce pas plutôt leur bonheur basé sur leur capacité à communiquer, à calculer et à capitaliser sur leurs passions?  Leur capacité à lire, à comprendre, à critiquer, à créer, à écouter, à collaborer, à se diriger, à se protéger, à se débrouiller, à combler leurs besoins, … dans les espaces physiques et numériques?

Et si nous explorions ensemble?

Si l’éducation est la responsabilité des parents et l’instruction celle de l’école, où est la place des grands-parents?  Nous payons tous des taxes scolaires et nous resterons actifs plus longtemps que nos parents. Pourquoi ne pas contribuer activement?

Que pensez-vous d’un réseau stimulant pouvant appuyer les parents, les enseignants et les directions (écoles, commissions scolaires et ministère) pour penser et agir en réseaux? Nous pourrions devenir des actifs stratégiques pour l’éducation de nos petits amours.

Qui aimerait prendre un café, un thé ou une bière pour discuter entre grands-parents curieux?  Faites-moi signe!

Merci de partager!