Les médias sociaux 101, le livre de Michelle Blanc

Écrit en collaboration avec Nadia Seraiocco, je tiens d’abord à remercier chaleureusement Michelle pour m’avoir confié leur « bébé » Les Médias sociaux 101- Le réseau mondial des beaux-frères et des belles-soeurs lancé lundi dernier.  Cette délicatesse m’a touché.  Il me reste maintenant à le faire dédicacé.

😉

Une référence précieuse

Je recommande le livre pour ce qu’il est:  une organisation de billets du blog d’une professionnelle qui « walk her talk » bonifiés de ses réflexions.  Il accélère et facilite la découverte de sa collection de plus de 2000 billets jusqu’à présent.  Il permet aux néophytes du Web de comprendre que la puissance du Web réside dans la conversation et à ceux qui ne connaissent pas Michelle (Est-ce encore possible? lol) de la découvrir.

Dès le départ, les propos de Bruno Guglielminetti résonnent comme de la musique à mes oreilles:

« Car jamais encore une entreprise n’aura eu cette chance de converser aussi directement, et en temps réel, avec sa clientèle jusqu’à aujourd’hui.  Jamais auparavant une entreprise n’aura eu un contact aussi direct avec le citoyen.  Mais encore faut-il savoir comment lui parler.  Il faut prendre le temps de réfléchir à la question, évaluer quel réseau utiliser, quoi dire et à quel moment »

À travers ses propres expériences, elle dévoile des informations et des trucs à maîtriser sur les dynamiques de communication dans les réseaux sociaux et dans le Web en général.  Le livre contient des URL intéressantes que Michelle, bien sûr, a pris soin de mettre dans un format (bit.ly) pouvant lui permettre d’analyser la performance du livre.

Vous y trouverez également un lexique intéressant.  D’ailleurs, je recommande aux non-initiés de l’avoir à leur portée afin de suivre les conversations d’autres passionnés du développement des affaires Web dans un Yulbiz ou autres réseaux « off-line » ailleurs au Québec comme Focus20, WEB2BIZ, Hyperlien, IdentityCamp et SWAFF.

Je songe même offrir ce livre à mes clients pour leur proposer une autre perspective d’analyse du Web et pour stimuler les échanges avec eux.

Ceci dit, voici quelques bémols et commentaires pour bien gérer les attentes du lecteur.

Les médias sociaux 101, …

Le titre un peu « punché » pour attirer l’attention n’illustre pas l’essence du contenu du livre.  À l’instar des propos de Mario Asselin, ce livre n’est pas un manuel « how-to » comme le laisse sous-entendre l’utilisation du « 101 » généralement associé à un contenu de cours.

D’ailleurs je risque un titre alternatif pour mieux illustrer son contenu:  « Pour profiter du Web;  converser plutôt que de diffuser! »  Le livre et le parcours de Michelle font la démonstration que pour maximiser les résultats dans le Web, il importe d’organiser une capacité d’écoute efficace et nourrir les conversations: Web 2.0 ou pas.

le réseau mondial des beaux-frères et des belles soeurs!

Sans vouloir vexer mes beaux-frères et mes belles-soeurs, ils ne sont pas les premières sources que je sollicite pour demander des conseils.  Selon le besoin, je le fait plutôt auprès de personnes de confiance que j’ai qualifiées avec le temps pour leur combinaison d’expertises, de jugement et de valeurs.

Qu’il soit sur le Web ou non, la qualité d’un réseau est fonction de la qualité des personnes qui le composent.  Si vous acceptez n’importe qui ou si vous ne contrôlez pas vos paramètres de confidentialités, vous devrez, tôt ou tard, investir de l’énergie pour gérer des situations délicates qui solliciteront ce que vous avez de plus précieux:  votre temps!

Nous n’avons pas le choix de nos beaux-frères ni de nos belles soeurs, mais nous avons le choix de nos amis et de nos contacts.  C’est pourquoi je décide qui je veux accepter dans mes réseaux sociaux et avec qui je n’ai aucun intérêt à nourrir une conversation bi-directionnelle.

Je vous pose la question suivante:  peu importe la taille de votre réseaux « d’amis » dans Facebook, Twitter ou autres, avec combien de personnes pouvez-vous nourrir une communication bi-directionnelle mutuellement profitable?

J’ai justement eu une discussion intéressante à ce sujet avec Karima-Catherine Goundiam la semaine dernière:   l’important n’est pas de collectionner, mais de connecter 😉  Une fois connecté, toujours faut-il pouvoir nourrir cette relation.  Sinon, vous aurez beaucoup d’interactions, mais très peu de véritables communications.

Pourquoi l’avoir choisie, qui est Nadia et quelle a été sa contribution?

Parmi toutes les professionnelles que Michelle connaît, j’aurais aimé savoir pourquoi elle a choisi Nadia comme complice dans ce projet?  À la lecture du livre et sans vouloir rien lui enlever, je n’ai aucunement senti sa contribution ni l’impact d’une quelconque synergie avec Michelle.

Sur mon appétit

Le livre est révélateur du copinage avec les médias traditionnels que Michelle alimente depuis un moment.  Même si Michelle fait référence aux entreprises de façon générale au début, elle s’adresse davantage aux organisations qui relaient le message plutôt qu’aux entreprises qui produisent de la valeur.  Je trouve que le contenu cible davantage les agences de communication, les journalistes et les acteurs politique plutôt que les PME qui sont à la base de notre économie.

Sans connaître les chiffres, j’aurais bien aimé avoir des indices sur les véritables R.O.I. (Return On Investment) des contributions de Michelle pour son client « chou-chou » si souvent cité:  Dessins Drummond.  Quelles ont été les principales retombées des initiatives de son président dans les réseaux sociaux sur les résultats de son entreprise?

J’aurais également apprécié que Michelle nous partage sa vision et la nuance qu’elle fait des impacts de ces réseaux Web pour une entreprise qui opère en mode B2C vs dans un marché B2B.  Et même dans un marché B2B, que pense-t-elle des stratégies, des impacts et des défis de converser directement avec les consommateurs utilisateurs en bout de ligne?

Le livre fait surtout référence aux interactions humaines.  Comme les données transitent par de multiples systèmes et même si la très grande majorité des lecteurs ne sont pas experts en informatique, j’aurais aimé qu’elle vulgarise les bases systémiques et les applications qu’elle exploite pour être à l’écoute et pour se démarquer.

Finalement et comme je crois que c’est par une judicieuse combinaison d’interactions « on-line » et « off-line » que la réputation de Michelle s’est construite, j’aurais aimé connaître sa version sur l’impact de son implication dans Yulbiz (réseau de blogueurs d’affaires qu’elle a co-fondée) sur le développement de sa carrière.  Quelle est sa perception de la valeur des nombreuses discussions de vives voix qu’elle a eues avec d’autres professionnels aussi passionnés sur son « savoir-être » Web et sur son rayonnement « on-line »?

« Univers » ou « environnement », le Web n’est pas un média!

J’ai toujours préféré l’allégorie « environnement » (plus organique) pour décrire le Web que « univers » (plus physique) utilisée par Michelle.  Quoiqu’il en soit, le Web n’est pas un média de communication homogène et stable.  C’est un environnement/univers de communication organique en constante évolution entre systèmes et humains.

Ce que le livre ne dit pas…

Pour se démarquer dans les réseaux Web, il faut être vigilant et avoir le sens de la répartie.  Il faut une sensibilité aux communications dans de multiples canaux.  Comme personne n’est parfait, il faut être ouvert à la critique et aux commentaires pouvant nous améliorer et provenant de partout où l’on parle une même langue.  Finalement, il faut être généreux et partager autour de soi: « on-line » et « off-line ».

Ce que le livre ne dit pas, c’est que Michelle est naturellement comme ça: Web ou pas!

Pour en profiter, une entreprise doit disposer de ces habilités.   Pour vous initier ou pour améliorer votre rayonnement, ce livre vous fera gagner du temps.  Il contribuera sûrement à contrer cet analphabétisme Web qui menace tant nos PME.

En passant, ne vous laissez-pas intimider ou déranger par son tempérament frondeur et ses propos directs parfois.   L’essentiel est invisible pour les yeux… et inaudible pour les oreilles!

Merci!

Pour tout ce que tu sèmes de positifs autour de toi, pour toutes celles et tous ceux que tu inspires, merci Michelle!

😉

Commentaires

Bonjour Luc,

Je n’ai pas encore lu le livre de Michelle, mais je peux apprécier tes commentaires puisque je lis régulièrement son blogue. Je crois que ce que les gens doivent comprendre absolument des réseaux sociaux c’est qu’ils ne sont pas à priori des outils de promotion, mais plutôt des outils de réseautage qui nous permettront de nous promouvoir une fois les relations bien établis. Et pour réseauter efficacement, il faut aimer entrer en relation avec les gens, posséder cette habileté comme tu le dis si bien. Pour obtenir un ROI intéressant et souvent difficile à quantifier, il faut s’attendre à y mettre du TEMPS. Des relations efficaces, ça ne se bâtit pas instantanément!

Pour répondre à ta question du nombre de relations que l’on peut décemment entretenir sur ces réseaux, il n’est pas très élevé, je dirais entre 30 et 100 selon les personnes. Pourquoi alors avoir un réseau de plusieurs milliers de personnes? Ça répond à d’autres besoins comme celui de voir ces réseaux comme un outil de travail. Si je pose une question sur Twitter, j’ai beaucoup plus de chance d’obtenir une réponse avec un réseau de 1800 personnes qu’un réseau de 100 personnes par exemple. Les outils de réseautage social nous permettent de bien gérer ces réseaux, de créer des listes, etc. Profitons-en et bâtissons!


Merci @Cindy pour la générosité de tes commentaires.

Comme tu le dis si bien et malgré la vitesse à laquelle le nombre d’adeptes à un réseau peut se développer, la construction et l’alimentation de véritables relations prend du TEMPS.

Quant à notre limite humaine à nourrir des relations bi-directionnelles mutuellement profitables, sans aucun fondement scientifique, je crois également qu’elle n’est pas très élevée (15-50). Je comprends également que plus le nombre d’adeptes est élevé, meilleures sont les probabilités de rétroactions.

Toutefois, je considère que la qualité des communications avec un réseau est proportionnelle à la qualité des membres accueillis. Si quelqu’un vise à se bâtir un auditoire à tout prix, ce n’est pas qu’il cherche à communiquer, mais principalement à diffuser.

D’ailleurs, l’influence des liens forts sur les liens faibles pourraient être un excellent sujet pour un Focus20 ou un BSL2.0 😉

Pendant que tu utilises « outil de travail » comme métaphore aux réseaux sociaux, d’autres les voient comme des « pauses café », des « centres de veille » ou des « canaux de promotion ». C’est la beauté du Web: un environnement, plusieurs perspectives.

Merci de partager la tienne et continuons à bâtir ensemble!


Merci M. Gendron pour ce billet. Effectivement, l’ignorance de nos PME (et je m’inclus dans le lot) face au médias sociaux finira par nous transformer en mesadaptés économiques. Mais voilà, nous avons bien du mal à voir comment s’intègre ce que vous appelez le on-line et le off-line.

Malgré cela, vous m’en avez donné le goût et je lirai avec beaucoup d’attention le livre de Mme Blanc pour tenter de sortir de mon ignorer en la matière…


Merci M. Richer pour votre commentaire.

Comme le Web n’est pas un canal de communication en silo, mais un environnement en osmose avec ce qui se passe « sur le terrain », une judicieuse combinaison entre les communications sur le Web (« on-line ») et celles que nous réalisons face-à-face (« off-line ») sont importantes.

Je considère que les actions dans le Web propulsent nos résultats « off-line » et vice versa. Voici une conférence que j’ai justement donné à ce sujet: Propulser votre réseau en mode OFFLINE!

Je suis bien heureux de vous avoir donné le goût d’aller plus loin. Bonne lecture et n’hésitez-pas à revenir nous partager votre critique par la suite!


Merci Luc de ton analyse du livre. Je ne l’ai pas encore lu, mais je me propose de le faire sous peu. Le titre m’a un peu rebuté, mais je comprends la décision de Mme Blanc d’avoir opté pour un titre vendeur. Chris Brogan a choisi cette voie : Social Media 101. Je voulais surtout souligner l’exhaustivité du billet et la transparence de ton opinion. Comme tu sais, je viens de déménager et je suis encore en mode rattrapage. Ton billet m’a permis de focaliser et surtout d’enrichir ma pensée. Merci Luc. Brigitte


@Brigitte Merci pour ton commentaire. Je suis heureux de t’avoir donné le goût d’en explorer le contenu avec ta perspective d’analyse cette fois. Bon rattrapage et au plaisir de te revoir 😉


Merci pour ce texte, plein de belles questions. Comme nous en avons discuté sur Twitter, je tiens à nuancer un de tes propos. Quand tu dis « Pour profiter du Web; converser plutôt que de diffuser!», je suis d’accord avec toi avec le fait qu’il est très important de discuter sur le Web, d’échanger nos idées, de se contredire et de faire valoir son point. C’est l’essence de nos démocraties. Cependant, je ne suis pas certain que nous devons nécessairement converser plutôt que de diffuser.

Les diffuseurs d’information ont encore leur place sur le Web. En fait, je considère que les diffuseurs d’information sont en fait la raison autour desquels nous discutons. Il faut une base pour converser. Sans diffuseur, pas de discussion, ou bien des discussions de plus en plus insignifiantes qui frôlent la simple interaction (le fameux spasme du RT, sans valeur ajoutée). À ce sujet, je vous invite à lire ceci : http://bit.ly/cdsaCM .

Dans l’exemple de ton billet, nous avons une diffusion initiale : le livre de Mme Blanc. Une diffusion secondaire : ton billet. Des conversations autour de ton billet : les commentaires. Il me semble que le rôle de la diffusion est quand même important, non?

Peut-être que j’interprète mal le terme de « diffuseur »?


@Kinaze Merci pour tes commentaires.

Naturellement, une conversation est d’abord initiée par une diffusion. La diffusion est importante et source de conversations.

Ceci dit, trop d’entreprises ouvrent (ou se font ouvrir par l’intermédiaire de leurs pseudos experts Web) des pages Facebook et des comptes Twitter pour « pousser » constamment de l’information sans intention ni capacité de converser. Les spams et fenêtres « pop-up » sont du même acabit.

Une diffusion sans intention de converser est stérile et agressant! J’aurais dû ajouter « uniquement » avant le mot « diffuser » dans le titre alternatif proposé.

Une conversation est une communication qui requiert du temps. Pour qu’il y ait communication et pour vraiment profiter du potentiel d’affaires du Web, surtout pour les PME en dynamique B2B, il faut d’abord écouter…ce que Michelle fait très bien d’ailleurs!

😉


[…] Un commentaire réservé, mais argumenté, pour alimenter la conversation (Luc Gendron sur Aryane) […]

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